28 avril 2013

divers 050 Correspondances comme son nom l’indique est un recueil de lettres, lettres ouvertes que l’auteur adresse tantôt à des personnes connues de l’auteur, tantôt à un « cher poète », à son éditeur, à tout le monde.

Valence Rouzaud, poète,  se rebelle contre les grandes maisons d’éditions, les « grands médias » (« France Culture nous ment, Gallimard nous ment… ») ;  d’ailleurs, à l’intérieur du recueil, il est écrit que « seules les éditions Thierry Sajat sont habilitées à représenter les ouvrages de Valence Rouzaud » ; finalement, cette rébellion, cette hargne donne sa chance aux autres éditeurs, les moins connus, ceux qui osent prendre des risques et je suis d’accord avec vous Valence : « voici l’ère industrielle de la phrase toute faite ». Valence Rouzaud y défend également la poésie et les poètes (ceux qui ne sont pas « servile[s] et voûté[s] Je me suis demandé en lisant vos correspondances si c’était de la poésie ; alors j’ai cherché ce que c’était de la poésie (par exemple : est-ce que « ça » rime tout le temps ? est-ce qu’on comprend rien tout le temps ? Comme je vous le disais dans un courrier, je fais découvrir la poésie à mes élèves et j’ai plusieurs buts :

1 leur faire entendre des mots qui  apposés les uns à côté des autres « sonnent », apportent une beauté au texte sans que l’on sache pourquoi.

2 leur faire comprendre qu’une poésie s’écoute, se ressent et ne se comprend pas forcément et qu’il est inutile de chercher à la comprendre.

Alors si je respecte ceci, vos lettres sont de la poésie (oui, je n’ai pas tout compris…).

Extraits :

« L’horizon dans la clôture, la nature plonge dans l’abîme et le joujou du temps libre fait du monde futile une crèche interlope. »

« De mon imaginaire j’ai fait mon bureau, où à coup sûr s’écrivent mes rêves. Mais le piéton fliqué m’a rattrapé, de nouveau je suis le joggeur blessé sous le feu roulant des pots d’échappement. […]

« Comme le vin de la vie coupée de larmes, il n’y a pas d’écriture sans naufrage. »

 

La poésie, c'est quoi ?

Dix définitions de la poésie par les poètes

- La poésie, on ne sait pas ce que c'est, mais on la reconnaît quand on la rencontre. (Jean L'Anselme)

- La poésie est un monde enfermé dans un homme. (Victor Hugo)

- La poésie, c'est ce qu'on rêve, ce qu'on imagine, ce qu'on désire et ce qui arrive, souvent. (Jacques Prévert)

- La poésie, ça sert à voir avec les oreilles. (Jean-Pierre Depétris)

- La poésie, c'est de savoir dire qu'il pleut quand il fait beau et qu'il fait beau quand il pleut. (Raymond Queneau)

- La poésie, c'est le langage dans le langage. (Paul Valéry)

- La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.

(William Shakespeare)

- La poésie est la rencontre de deux mots que personne n'aurait pu imaginer ensemble. (Federico Garcia Lorca)

-Toute la poésie, c'est cela. Soudain, on voit quelque chose.

(Louis Zukofsky)

- La poésie, c'est quand le silence prend la parole. (Georges

Duhamel)

Citations tirées de L'Agenda du (presque) poète,par Bernard Friot, Ed. La Martinière

 

Merci monsieur Rouzaud pour cette découverte.

 

Correspondance, ouvrage offert, Valence Rouzaud, éditions Thierry Sajat, 63 pages.

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19 avril 2013

Cinq Petits Cochons

5petits cochons Cinq suspects sont réunis pour qu’Hercule Poirot découvre qui a tué Amyas Crale, célèbre peintre. Sa femme fut déclarée coupable et emprisonnée ; avant de mourir elle déclare son innocence à sa fille qui, seize ans après, fait appel à notre cher détective afin d'éclairer ce mystère. La fin reste, comme d’habitude avec Agatha Christie, bien imprévue.

Merci Juliette de m'avoir prêté ton livre. Livre lu dans le cadre du challenge du petit Bac 2013.

Cinq Petits Cochons, Agatha Christie, livre de poche jeunesse (college), 340 pages

 

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17 avril 2013

POEMES d'Albertine Sarrazin

albertine Sarrazin 003 Qui a déjà entendu parler d’Albertine Sarrazin ? Ce fut une découverte pour moi et ce grâce à un commentaire de textes que ma fille devait faire et que j’ai beaucoup aidé (on a eu 08/20 pour beaucoup d’heures de travail, parfois, on comprend nos enfants d’être dégoutés… mais passons) et dans son corpus de textes figurait un poème de cette poétesse ; ne la connaissant pas j’ai fait mes recherches et là je suis tombée des nues et j’ai été très attirée par son histoire : née en 1937, abandonnée par sa mère de 15 ans, adoptée puis rejetée, elle fait les quatre cents coups et passe le peu d’années qu’elle a vécu (29 ans) en prison ; et c’est là qu’elle se révèle : elle passe son bac et écrit des poèmes puis des autobiographies, que je lirai bientôt : L’Astragale, qui raconte son évasion, La Cavale qui raconte sa vie en prison. La Traversière qui raconte sa difficile réinsersion est son troisième livre (mais il ne m’intéresse pas). Quand enfin elle se marie, connait le succès et est enfin heureuse, elle meurt à la suite d’une opération. C’est tellement tragique et dommage que je me suis prise d’affection pour elle.

Ce livre qui s’intitule tout simplement « POEMES » recueille ses 50 poèmes dont certains ont été mis en chanson. Ils ont été écrits entre 1954 et 1960. Comme la plupart des grands poèmes, ils demandent à être lus et relus mais quand on connait son parcours on ne peut que ressentir un immense respect.

Voici le poème qui m’a fait découvrir Albertine Sarrazin :

Il y a des mois que j’écoute

Les nuits et les minuits tomber

Et les camions dérober

La grande vitesse à la route

Et grogner l’heureuse dormeuse

Et manger la prison les vers

Printemps étés automnes hivers

Pour moi n’ont aucune berceuse

Car je suis inutile et belle

En ce lit où l’on est plus qu’un

Lasse de ma peau sans parfum

Que pâlit cette ombre cruelle

La nuit crisse et froisse des choses

Par le carreau que j’ai cassé

Où s’engouffre l’air du passé

Tourbillonnant en mille poses

C’est le drap frais le dessin mièvre

Léchant aux murs le reposoir

C’est la voix maternelle un soir

Où l’on criait parmi la fièvre

Le grand jeu d’amant et maîtresse

Fut bien pire que celui-là

C’est lui pourtant qui reste là

Car je suis nue et sans caresse

Mais je veux dormir ceci annule

Les précédents Ah m’évader

Dans les pavots ne plus compter

Les pas de cellule en cellule

                                              Fresnes 1954-1955.

POEMES d'Albertine Sarrazin, éd Jean-Jacques Pauvert, 63 pages.

 

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15 avril 2013

Le coeur cousu

001 J’ai tellement aimé « du domaine des murmures » que j’ai enchaîné sur « le cœur cousu » de Carole Martinez. Je n’ai pas été déçue : je suis subjuguée par son style et la multitude de mots magiques qu’elle emploie. Par exemple pour parler d’un tissu de couleur rouge, nous dirions qu’il est rouge, écarlate ou grenat, peut-être vermillon, mais Carole Martinez nous fait rêver avec ses mots choisis comme dans un poème quand le poète a pour but de nous faire voyager au pays des mots : « Et dès lors le rouge envahit la salle du bas. […]Cotonnades amarante, cerise et coquelicot. Entrelacs de garance, de vermeil et grains de grenat. Velours cramoisi et taffetas pourpre. Boutons de porphyre et larmes de sang dans leur écrin doré. Eclat de rubis dans l’œil noir de la couturière. Coraux de soie sauvage et géraniums enflammés. »

Ce roman est un conte merveilleux. Frasquita découvre la couture grâce à une boîte magique et les robes qu’elle coud sont extraordinaires. Elle se marie avec un homme qui la perd au jeu, alors elle erre en Andalousie avec ses enfants eux aussi « magiques ».  

Dans une interview qu'elle donnait au magazine Virgule, Carole Martinez disait qu'elle s'était inspirée de l'histoire de son arrière-arrière-arrière grand-mère qui s'appelait Frasquita Carasco (nom également donnée à  son héroïne)  qui vivait en Espagne à la fin du XIX siècle et qui aurait été victime d'un pari : son mari l'aurait jouée et perdue.

Je suis certaine de continuer à lire cette auteur qui m’emmène où je n’ai vraiment pas l’habitude d’aller et ces voyages m’attirent beaucoup.

 

Par chance, ce livre rentre dans la catégorie « parties du corps » dans le cadre du challenge « Petit Bac 2013 ».

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01 avril 2013

Elira bien qui élira le dernier

nyssen-lira-bien-qui-lira-le-dernier Je viens enfin de terminer ce livre qui figure dans la liste à lire dans le cadre du challenge du prix des lectrices amies. Le préambule se trouve dans le titre de ce message:  celui-là ne remportera pas les palmes (du moins pas grâce à moi!). Comme je le disais dans un autre billet, je l'ai lu dans un autre lieu et ce jour-là (j'étais dans le car qui m'amenais avec ma classe à la piscine) les pages que j'ai lues m'ont pas mal plu, intéressée : en fait il y en a eu 3 des pages qui ont réussi à accrocher mon attention (sur 128). l'auteur nous fait croire (et on y croit plus ou moins) qu'il écrit une lettre à une certaine mademoiselle Esperluette, prétexte pour défendre le livre ; le problème c'est que je ne me suis pas sentie concernée par ce qu'il disait, je me suis même sentie comme une intruse, une lectrice dont la lettre n'est pas destinée et qui n'a rien à faire dans cette lecture : dommage, lHubert Nyssen pensait qu'en moi dormait une mademoiselle Esperluette qui se demandait si le livre allait survivre ! Eh! bien non, je ne me le demande pas, je n'ai même aucun doute sur la survie du livre ; d'ailleurs cet auteur doit me comprendre : à la page 112 il nous parle du livre "le diable au corps" de Radiguet (que j'ai lu étant jeune et que j'ai adoré) dont il évoque la publicité faite par Grasset pour vendre le livre et qui insistait sur la jeunesse de l'auteur et il demande à la fausse destinataire de sa lettre si sa lecture et son jugement n'auraient pas été conditionnés par la curiosité d'un génie précoce et suppose que sa lecture aurait été différente si ont avait présenté l'auteur comme un vieillard ; plus loin il explique que l'éventuel lecteur est parfois trompé sur la marchandise (on nous fait prendre un triste mélo de boulevard pour une tragédie shakespearienne : eh!  bien monsieur  Nyssen (paix à votre âme) : vous avez fait la même chose avec votre pseudo lettre et fictive miss Esperluette.

En tout cas il m'a donné envie de lire Nina Berberova....on verra bien, qui lira verra............

 

Lira bien qui lira le dernier de Hubert Nyssen éd : BABEL

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